La nouvelle l'intervention du Président de la République
s'est limitée à des effets d'annonce qui n'ont pas réussi à masquer ses hésitations et ses incohérences.Jean-Paul Huchon, Président du Conseil régional d'Ile-de-France, et Marie-Pierre de La Gontrie, 1ère Vice-présidente en charge des Finances, s'étonnent de l'annonce de Nicolas Sarkozy « de supprimer la taxe professionnelle dès 2010 », en dehors de toute proposition de réforme de la fiscalité locale et sans compensation financière concrète.
Marie-Pierre de La Gontrie souligne « le caractère précipité d'une telle proposition alors que la TP représente 61% de la fiscalité directe des Régions et 367 millions d'euros pour la seule Région Ile-de-France en 2008. »
De plus, le plafonnement de la TP à 3,5% de la valeur ajoutée décidé par le gouvernement en 2007, sans concertation avec les collectivités locales, avait déjà induit une perte de recettes de 53
M€ pour l'année 2008.
Lors de la Conférence Nationale des Exécutifs du 10 juillet 2008, le gouvernement avait assuré les élus qu'aucune réforme ne serait décidée tant qu'une concertation approfondie n'aurait pas eu
lieu avec les associations d'élus. François Fillon assurant alors qu'une mesure touchant à la TP ne pourrait se faire « de manière précipitée et unilatérale ».
« S'il y a une réforme de la fiscalité locale, elle suppose une réelle concertation avec les collectivités locales, poursuit le Président de la Région Ile-de-France. »
Enfin, Jean-Paul Huchon s'interroge « sur l'absence de cohérence entre cette annonce qui bouleverse l'équilibre des échelons locaux et les réflexions en cours au sein de la Commission Balladur sur la réforme des institutions. » En effet, le rapport Fouquet, commandé en 2004 par Jean Pierre Raffarin, a estimé que la TP constituait 16 % des ressources des collectivités locales et participait à plus du tiers de leur autonomie financière.
La nouvelle campagne de pub "décalée" du
Conseil Général
Pour ses 40 ans et le lancement de son nouveau logo, le Conseil Général n’a pas lésiné sur les moyens : près de 600 000
euros !
Un logo qui se veut « le reflet du dynamisme et de la modernité », accompagné d’une campagne de publicité « délibérément décalée pour une institution », selon l’interprétation de l’agence de publicité du Conseil Général.
Les élèves des grandes écoles de la Région Parisienne ont pu découvrir des affiches sur lesquelles une charmante jeune femme présentait les qualités du département au travers de tee-shirts aux slogans percutants ; par exemple, la compétitivité yvelinoise dans l’aéronautique, s’exprime par un « s’envoyer en l’air »…
Si le Département veut montrer une nouvelle image de lui, aux valeurs renouvelées, attention à ne
pas oublier d’autres valeurs non moins essentielles, tel que le respect de la femme.
Michel VIGNIER
Conseiller général de Meulan
Site du groupe PS et apparentés du Conseil gébéral des Yvelines : http://groupe-ps78.over-blog.com
Par François Hollande
Il y a un an, le candidat Nicolas Sarkozy était élu sur le thème de la rupture. Il promettait d’être le président du pouvoir d’achat. Ensemble, tout devenait possible !
Un an après, tout devient difficile d’abord pour la France qui traverse une période de turbulences économiques. Pour les Français avec un
pouvoir d’achat rogné par l’inflation et une protection sociale entamée par les franchises médicales et la détérioration des niveaux des pensions. Enfin, pour le pouvoir lui-même qui connaît une
impopularité historique.
Nicolas Sarkozy peine à définir le sens de sa politique qui est pourtant très simple : rompre avec la solidarité acquise. Il l’a encore prouvé avec le financement du RSA par des économies sur la
Prime pour l’emploi (PPE). Comme pour les franchises médicales où les malades paient pour d’autres malades, ce sont les smicards qui vont payer la réinsertion.
Ce que Nicolas Sarkozy considère comme des erreurs de communication est en fait une faute de stratégie politique. C’est une politique économique qui ne marche pas. Une politique sociale qui creuse les inégalités et une politique extérieure qui contredit par les actes les discours qu’elle prononce. C’est ce tête-à-queue permanent que les Français ont sanctionné lors des élections municipales et cantonales.
Le Parti socialiste s’est opposé à cette politique en dénonçant très tôt le paquet fiscal octroyé dès l’été 2007 aux plus favorisés, les franchises médicales, la purge dans la fonction publique, particulièrement dans l’Éduction nationale, l’absence de politique en faveur du logement social, ainsi que la conception même de la fonction présidentielle de Nicolas Sarkozy. Il a inlassablement porté des propositions pour soutenir le pouvoir d’achat (doublement de la prime de rentrée scolaire, augmentation de 50% de la PPE, baisse de la TVA sur les produits de première nécessité, mise en place du chèque transport, conférence sur les salaires ainsi que notre proposition de loi sur le logement social). Et en un an, le besoin d’une alternative crédible et sérieuse a vu le jour. C’est ce qu’aura paradoxalement réussi Nicolas Sarkozy : donner déjà l’envie de changer, de faire surgir le désir de rupture. Cette fois-ci, à ses dépens.
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Nicolas Sarkozy, président de la régression sociale
Candidate socialiste de l’élection présidentielle 2007, Ségolène Royal dresse le bilan de la première année de Nicolas Sarkozy au
pouvoir. La présente de la région Poitou-Charentes tire les conséquences d’une année où les Français ont vu leur pouvoir d’achat s’amoindrir et appelle à une opposition constructive contre «
injustices profondes ».
Quel bilan faites-vous de cette première année de pouvoir ?
C’est une année perdue. Il y a eu bien sûr le fiasco du paquet fiscal, avec 15 milliards d’euros chaque année et notamment un bouclier fiscal qui rapporte 350 millions d’euros à 20 000 personnes. Je rappelle au passage que contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, la plus grande partie des 5 Milliards d’euros consacrées aux heures supplémentaires vont …aux entreprises, et non aux salariés concernés. Ces derniers ne touchent en moyenne que 4 euros pour 45 minutes de travail en plus! Je rappelle aussi que la déduction fiscale des intérêts d’emprunts ne profite trop souvent qu’à ceux qui seraient de toute façon devenus propriétaires… Les autres, qui auraient besoin d’être aidés, en sont pour leurs frais.
Les caisses de l’Etat ont été vidées, comme l’a lui-même reconnu Nicolas Sarkozy, et cela n’a provoqué aucun retour de la croissance. Au contraire, la rigueur est déjà là. La grande majorité des salariés paie pour les dépenses inefficaces et injustes de ce gouvernement et subit la hausse des prix sans que le pouvoir ne réagisse. Dernier exemple en date, le RSA, qui était au départ une bonne idée, sera financé par la suppression de la Prime pour l’emploi pour cinq millions de salariés modestes. Au lieu d’être le président du pouvoir d’achat, il est président de la régression sociale et de la baisse du niveau de vie.
Vos craintes ont donc bel et bien été confirmées ?
Oui. Nicolas Sarkozy paie aujourd’hui pour ses promesses inconsidérées. Nous savions que ce qu’il promettait ne serait pas tenu. Cette conception du pouvoir et de la politique, je l’ai dénoncée pendant la campagne et je continue de la critiquer. Dans un contexte de crise et d’angoisse, la posture consistant à annoncer qu’on allait régler tous les problèmes a d’abord rassuré. Mais c’était une imposture qui aujourd’hui conduit à une déception cruelle. Le résultat est une grave crise politique et morale qui rend toute réforme impossible. On n’avait jamais vu, en France, des manifestations de retraités et de handicapés. Car ces fameuses « réformes » menées, elles ont été soit injustes, soit partielles, soit les deux… et elles sont de plus en plus désordonnées.
J’ajoute que sa pratique du pouvoir a été hyperpersonnalisée et d’une grande désinvolture. Le résultat, c’est qu’au lieu d’un choc de confiance, on a un choc de défiance. Ce président avait beaucoup de cartes en main il y a un an : il les a gaspillées. Il ne faut pas s’en réjouir. La situation de la France est grave aujourd’hui.
Expliquez-vous l’impopularité de Nicolas Sarkozy après cette première année à la tête de l’Etat ? Et si oui, comment ?
Je crois que l’impopularité record de Nicolas Sarkozy, un an à peine après son élection, est due avant tout à l’échec sur le pouvoir d’achat, même si son comportement personnel cet hiver a rendu cet échec encore plus insupportable. La déception est d’autant plus forte que les attentes étaient grandes. Il a promis la rupture, mais il conduit tout simplement une politique de droite. Lorsqu’ils regardent autour d’eux, les gens, même ceux qui ont voté pour lui, se rendent compte que rien n’a changé en mieux depuis l’élection présidentielle.
A quoi le pays doit-il s’attendre aujourd’hui, et comment l’opposition doit-elle réagir ?
Il ne faut pas s’attendre à autre chose qu’une rigueur qui ne veut pas dire son nom… La dernière émission du président n’a rassuré personne sur ce point… et sur les autres. Aujourd’hui, nous avons le devoir de lui rappeler sans cesse ses engagements de campagne, sur les petites retraites, sur les salaires, ainsi que sur la politique étrangère. Nous avons le devoir de dénoncer les contre-vérités ou les approximations, elles ont été nombreuses jeudi soir dernier. Par exemple sur l’éducation nationale, où il donne l’image d’une France en situation d’échec pour justifier des suppressions de postes aveugles qui pénalisent de façon scandaleuses de nombreux territoires. Ou encore sur les retraites, car c’est bien la baisse des pensions qui est programmée si on ne parvient pas à résoudre la question de l’emploi des plus de 55 ans et si on ne parvient pas à prendre en compte la pénibilité des métiers.
Nous avons enfin le devoir de montrer qu’une autre politique est possible, donc de marteler nos contre propositions. Elles passent par l’annulation du paquet fiscal et sa redistribution d’abord sur le pouvoir d’achat, notamment à travers une baisse de la TVA et le doublement de la prime pour l’emploi, mais aussi sur l’innovation et la recherche, enfin sur le désendettement. Mais il nous faudra aller plus loin. Les Français nous l’ont dit lors des dernières élections municipales et cantonales : ils n’en peuvent plus de ce désordre permanent et de cette injustice profonde. Et en même temps, ils ont su être attentifs à nos projets locaux, qu’ils ont soutenus par un vote de d’adhésion. Nous devons à la fois protéger, imaginer et apporter la preuve de l’efficacité de l’action politique au service d’un idéal !
Propos recueillis par Ariane Vincent
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